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> Pour le commerce, j'entends le commerce de dé-
> tail, la situation n’est pas comparable : lui appliquer
» les mêmes arguments serait raisonner à faux.
» Les innombrables branches dont il fait l’objet ne
> présentent entre elles, la plupart du temps, aucune
> connexité, et l’expérience prouve qu'on a avantage
» pour la qualité à s’adresser au spécialiste‘: donc
> l'exercice simultané de ces diverses branches et par
> suite l’unité de direction ne s'imposent pas”; pour
»la même raison les gros capitaux ne sont pas indis-
» pensables.
» Mais, si l’existence du grand magasin n’est pas un
fait économique rigoureusement scientifique (?),
» naturel et raisonnable, d’où vient alors sa réussite et
» son extension croissante ?
» Tout simplement de la coalition d'intérêts et
> d’égoïsmes * particuliers... * ».
Personnellement, nous admettons bien certaine dif-
férence entre la concentration industrielle et la con-
1 Ci. Leroy-Beaulieu, cité plus haut, qui dit exactement
le contraire. Les deux points de vue sont en partie conci-
liables, si l’on tient compte du fait que les magasins spécia-
lisés et les grands magasins ne se font concurrence que
pour les qualités inférieures et moyennes, dans lesquelles
il n’est naturellement pas exclu que les seconds « fournis-
sent à meilleur compte de meilleures marchandises ». La
fourniture de luxe, par contre, reste l’apanage de la bonne
maison spécialisée. (Cf. Engel, op. cit. p. 44).
? Il n’en résulte ni qu’elles soient illégitimes, ni qu’elles
ne soient pas profitables, ce qui est le point de vue auquel
se juge une institution capitaliste.
3 Singulière idée que de reprocher à une réalisation dans
le domaine économique d'être un fruit de l’égoisme, comme
si l'égoïsme n’était pas la cheville ouvrière de toute lacti-
vité économique ! Est-ce donc par charité qu’un candidat
au commerce de détail ouvre une nouvelle boutique dans
un quartier où l’on en trouve déjà une toutes les deux mai-
sons ?
: L. Goyard, op. cit, pp. 6-7.