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Il y a cependant quelque chose de juste dans l’idée
de Goyard que la concentration commerciale consistant
en une juxtaposition d'opérations, non en une différen-
ciation (division du travail) comme la concentration
industrielle, il n’est pas pleinement admissible de con-
clure de l’une à l’autre. Chez l'artisan, peu d'outils ser-
vent à beaucoup d'opérations ; dans la, fabrique, beau-
coup de machines accomplissent chacune une petite
partie du travail. Il fallait que von Thur fût bien à
court d'arguments pour voir la même opposition orga-
nique entre un petit et un grand magasin *.
Toutefois, de même que la fabrique, c'est par la pos-
sibilité de produire (en prenant ce mot dans le sens tout
à fait général de : mettre à la disposition du client) à
meilleur compte que le Warenhaus menace la petite en-
treprise. Lorsqu’un magasin occupe toute une maison, il
paye tout naturellement le mètre carré de superficie uti-
lisée moins cher qu’un magasin situé au rez-de-chaus-
sée. Et cette superficie, il l’utilise mieux ; il l’utilise
même trop bien, si l’on se place au point de vue du dan-
ger d'incendie ; nulle part ailleurs on ne voit tant de gens
plongés dans un pareil amoncellement de matières in-
flammables. Achetant en gros, en très gros, le Waren-
haus est aussi en mesure d’exercer une forte pression
sur les fournisseurs et d'acheter ainsi à très bon compte.
Toutefois, depuis que les détaillants ont constitué des
sociétés d’achat, ils se sont aussi transformés en gros
preneurs et peuvent exercer la même pression.
+ «Nicht die Form des Warenhauses oder des Grossma-
» gazines oder ciner Konsumgenossenschaft bedrängt die
» Kleinhändler, sondern es ist der Grossbetrieb überhaupt,
» genau wie beim Handwerk, das nicht von der Fabrik oder
» von der elektrischen Kraft bedrängt wird, sondern von der
» jeder Teiloperation angepassten Maschine, die sich nur
» der Grossbetrieb anschaffen und dauernd beschäftigen kann,
» während beim Handwerk wenige Werkzeuge vieles ver-
»richten müssen. » (Op. cit., p. 9).