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ces lignes de Bayerdôrfer, extraites de son article :
L’influence du commerce de détail sur les prix*:
«Nous devons aussi ajouter qu’il découle certains
» devoirs pour le petit commerce de sa fonction de der-
nier distributeur à la consommation ; il doit com-
prendre qu’il n’est pas seulement là pour son propre
avantage, mais que, comme membre de l'organisme
économique, il n’est justifié dans son existence
> qu’aussi longtemps qu’il favorise les buts de la col-
> lectivité » ?.
[1 existe une cause psychologique qui contribue à
z3mpêcher le libre jeu ‘de la concurrence : c’est que le
sonsommateur, lorsqu’il s’agit d’opérations quotidiennes
et de petites sommes, dépense souvent sans calculer
beaucoup. Cela est très naturel. Pourquoi se tuerait-
on à gagner de l’argent si ce n’était pas précisément
pour acquérir la liberté de le dépenser sans trop le
compter ? C’est un dernier reste, réfugié dans les pe-
lites choses, de cette mentalité seigneuriale que Som-
bart oppose à la mentalité bourgeoise. Ce qui fait la
force du « petit épicier du coin », c’est qu’une foule de
gens prêts à faire un kilomètre pour gagner un sou ne
sont pas disposés à parcourir deux cents mètres pour
en économiser quatre, et ne peuvent savoir que tai
spicier est plus cher que tel autre, parce qu’ils ne se
sont pas mis en mesure de comparer :
« La plupart des hommes suivent bien moins étroite-
=
* Reproduit par Wernicke (Kapitalismus und Mittelstands-
politik, pages 195-197. L’alinéa que nous détachons est à la
page 197)
* «Wir müssen dann ‘aber auch hinzufügen, dass dem De-
> tailhandel aus seiner Funktion, die Güter an letzter Stelle
bin den Konsum überzuführen, gewisse Pflichten auferlegt
) sind ; er muss begreifen, dass er nicht allein seinetwegen
» da ist, sondern dass er als Glied des Wirtschaftsorganismus
»nur so lange seine Berechtigung hat. als er die Ziele des
» Ganzen fôrdert. »