92 ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE
bre do bras que pouvait employer leur culture (1) et
c’est à cette époque précisément que s’accentue le plus
rapidement l’accroissement de la population.
Si nous prenons en considération qu’à cet accroisse
ment correspondait une hausse du prix de toutes les
choses nécessaires à la vie (voir p. 1, chap. Il) (2), nous
comprendrons pourquoi le paupérisme s’était développé
dans des proportions inconnues jusqu’alors.
Dans h» seconde moitié du XVIII e siècle, le mal
avait atteint son parox3' r sme. La Flandre, sur une po
pulation de 700.00J âmes, ne comptait pas moins de
100.000 indigents, soit près de 15 °/ 0 de la population
totale. Le nombre de pauvres du plat pays était évalué
officiellement à 64.681 ; la ville de Bruges, d’après un
rapport officiel, avait plus de 14.000 pauvres, c’est-à-
dire près de la moitié de sa population (2).
Le Brabant comptait plus de 30.000 mendiants ; le
pays de Liège n’était pas moins généreusement doté ;
la ville de Liège à elle seule en possédait de 8 à
10.000 (3).
A Anvers, le nombre de personnes secourues attei
gnait 12.000 (4).
« Il reste donc démontré écrit Ducpétiaux, que
parmi les causes de la misère dans les Flandres il faut
ranger en première ligne non seulement l’exubérance
de la population en général, mais encore l’insuffisance
(1) Le Voyageur 1. c. v. I.
(2) Van der Meersch. 1. c. p. 50.
(3j Ib.
(4) Le voyageur. 1. c. v. III. p. 30.