94 ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE
(ouvriers de l'industrie cotonnière) sont prises pour les
()/io es dans la classe indigente, si l’on considère que ces
établissements fournissent des moyens d’accoutumer au
travail des orphelins et pauvres enfants, et donne à
chaque instant une occupation temporaire aux ouvriers
mômes étrangers à cette espèce de fabrication, on verra
facilement de quelle influence peuvent être ces établissements
sur l’ordre et la sûreté publique » (1).
A ces causes de prolétarisation s’en ajouta plus tard
une autre : la décadence des industries rurales et notamment
la crise linière.
Vers 1825, d’après des chiffres qu’on déclarait réunis
avec le plus grand soin et qui n’ont, parait-il, jamais
été contestés, il y avait encore dans la Flandre orientale
seule 31.597 métiers de tisserand avec 31,668 tisserands.
Chaque métier devait avoir pour son alimentation
5 fileuses, soit en tout 158,340 ouvriers (2).
Dans toute la Belgique il y avait, d’après un recensement
de 1830, 280.396 fileuses (3). Dans la Flandre
orientale, 49 862 femmes étaient occupées à la fabrication
du fil tors (4).
L’ancien mode de travail à la. maiu ne pouvait pas
résister à la concurrence des procédés mécaniques qui
venaient de naître. Les machines devaient se substituer
aux doigts des fileuses flamandes et une eau
préparée artificiellement devait remplacer leur salive.
(1) L. Bauwens. à sa Majesté le Roi des Pays-Bas, Prince d’Orange et
C. p. 5.
(2) L. Varlez. 1. c. v. II p. XX\ II.
(3) Ib. p. XXIX
(4) Ib. p XXVIII.