Full text: L'évolution industrielle de la Belgique

168 ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE 
que la plupart envisagent la question à ce point de 
vue purement statistique et énumèrent les métiers 
qui ne périront jamais. Il suffit de jeter un coup 
d’œil historique sur ces prédictions pour voir combien 
elles ont été démenties. Rau cite en 1863, parmi les 
métiers qui, d’après lui, résisteront à la décomposition 
capitaliste, les tailleurs, serruriers cordonniers, vitriers, 
boulangers, relieurs, horlogers, armuriers, tapissiers, 
selliers, boutonniers, plombiers, etc. (1) Schmoller af 
firme aussi, vers la même époque, que la grande in 
dustrie se développe dans un autre domaine que celui 
du métier, lequel ne fera que profiter de cette évolution. 
« En quoi dit-il, le boucher, le cordonnier, le tailleur, le 
menuisier et le serrurier souffrent-ils de voir que les 
filatures, les teintureries, les mines et les usines, les 
moulins et les distilleries deviennent de plus en plus 
grandes » ? (2) 
Trente ans plus tard, le môme Schmoller cite les 
mêmes métiers (cordonniers, menuisiers, par exemple) 
comme cédant la place à des fabriques et à l’industrie 
à domicile (3). 
Devant l’écliec de toutes ces prédictions, nous ne 
pouvons que partager entièrement l’avis de Sombart, 
qui réclame des économistes plus de prudence dans 
leurs prophéties. « Des professeurs allemands, dit-il, 
(1) D r Karl Heinrich Rau. Grundzatze der Volkswirtrchaftlehre. Leip 
zig 1863, v. 1, §, 399 p. 531. 
(2) Gustav Schmoller. Zur Geschichte der deutschen Kleingewerbe in 
19 Jahrhundert. Halle, 1870, p. 166. 
(3) Id. Principes d'économie politique. Paris 1905, t. II, p. 497.
	        
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