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ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE
Une étude des causes, des formes et des conséquences
du luxe pour la vie économique, s'impose. Sombart
a, le premier parmi les économistes, essayé de donner
une analyse scientifique du goût moderne. Nous
renvoyons le lecteur aux liages si intéressantes de son
« Moderne Kapitalismus » et nous nous bornons à esquisser
les rapports qui existent entre la mode et la décadence
du métier.
Nous ne pouvons mieux faire que de rappeler à ce
sujet quelques pages du génial auteur du « Bonheur
des Dames ». Pendant que les économistes préconisaient
la résurrection du métier par l’art, Emile Zola,
qui tant de fois avait devancé par son intuition
la science, voyait que c’est justement l’art qui tue
l’artisan.
Le vieux Bourras, le fabricant de parapluies, était
connu pour ses beaux produits. C’était son orgueil
d’artiste, de faire des manches comme aucun ouvrier de
Paris n’était capable de les fabriquer. « Il en sculptait
surtout la pomme avec une fantaisie charmante, renouvelant
toujours les sujets : des fleurs, des fruits, des
animaux, des têtes traitées d’une façon vivaute et libre.
Un canif lui suffisait ; on le voyait des journées entières
le nez chaussé de bésicles, fouillant le buis ou
l’ébène » (p. 226).
Et voilà que « Le Bonheur des Dames » s’oriente
par ailleurs. Et le pauvre Bourras no trouve plus
d’acheteurs pour ses parapluies et il s’écrie : « L’art
est fichu, entendez-vous ! Il n’y a plus un manche
propre. On fait des bâtons, mais des manches, c’est