200 ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE
les indications fournies par la statistique ont dû être
calquées sur celles qui se font annuellement pour les
patentes, et dès lors, une diminution considérable sur
le nombre total des ouvriers réellement employés a dû
s’ensuivre (1).
Pour d’autres métiers, comme les boulangers et les
meuniers, nous remarquons que le nombre d’ouvriers
accusé par la statistique industrielle est supérieur à
celui indiqué dans les relevés de la population par
profession. Quetelet suppose que les patrons auront
déclaré leurs domestiques comme ouvriers (2). Il me
semble qu’il faut chercher la solution du problème
autre part. Le recensement industriel a compris dans
la catégorie des ouvriers les membres de la famille
occupés comme ouvriers, et celui de la population ne
les a pas recensés comme tels. Dans la boulangerie et
la meunerie, le nombre des membres de la famille des
patrons, occupés comme ouvriers, est très considéra
ble. 11 était en 1896 de 2300 et 1300 respectivement.
Disons que pour d’autres professions, qui ne figurent
pas dans notre tableau, les écarts s’expliquent parfois
par une simple différence dans la terminologie. Ainsi,
dans les relevés de population par profession il y a
5423 ouvriers charpentiers et scieurs de long, tandis
que dans la statistique industrielle, il ne figure que
4976 charpentiers. De même, il y a 8444 menuisiers-
(1) Ib.
(2) Ib.