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EVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE
que les 794 armuriers ou une grande partie d’entre
eux ne sont que des intermédiaires, des fabricants
de l’industrie à domicile, qui s’occupent eux-mêmes
d’une partie de la fabrication. Comme la statistique
de 184G ne connaisait pas ces catégories adoptées pour
la première fois en 1896, il est presque certain que les
794 armuriers ne sont pas tous des artisans.
Dans mes premières comparaisons, j’avais rangé par
mi les métiers disparus les horlogers (en 1846, 739
avec 310 ouvriers) et les Pelletiers (en 1846, 27 avec
50 ouvriers). Cette conclusion me semblait plutôt bizarre
car je rencontrais souvent des magasins d’horlogers et
de pelletiers en ville. Le mystère s’éclaircit bientôt.
Les horlogers qui figurent dans le recensement de
1816 n’étaient pas des constructeurs d’horloges. « Re
passer et réparer les pendules et les montres, voilà à
quoi se borne à peu près le travail des horlogers » écrit
en 1835 un contemporain (1).
Eu 1896, ce genre d’horlogers existait bien encore
51 nous ne le retrouvons pas dans le recensement,
c’est pour des raisons de méthode statistique. Le recen
sement de 1896 ne devait s’étendre qu’aux entreprises
où l’on « opère le déplacement, la manipulation ou la
mise en œuvre d’une marchandise quelconque » et on
décida d’exclure les professions s’exerçant accessoire
ment au commerce, comme celles de bijoutier, horlo
ger, chapelier, armurier se bornant à des réparations
(2). Nous ne pouvons donc pas faire une comparaison
(1) Gressin Dumoulin : La Belgique industrielle. Exposition de 1835,
p. 123
(2) Recensement industriel 1896, v. XVIII, p. 15