LA DÉCADENCE DU MÉTIER
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Le petit artisan ne peut pas résister à cette con
currence. En 1890, il n’y avait que 13 entreprises d’or
fèvrerie (non compris l’orfèvrerie et la cuivrerie d’église)
dont 8 occupaient plus de 10 ouvriers (2 de 10 à 19 ; 3
de 20 à 49 ; 2 de 50 à 99 ; 1 de 100 à 199 ; v. V. p. 354).
Dans la bijouterie-joaillerie, sur 120 en activité 52, donc
presque la moitié, occupaient plus de 10 ouvriers (31 de
10 à 199 ; 30 de 20 à 49 ; 8 de 50 à 99 ; v. V, p. 346).
Pour la môme raison que pour l’orfèvrerie-bijouterie,
j’ai biffé du tableau la chapellerie de feutre, de
soie, et de tous genres. Celle-ci accusait une dimi
nution de 55 °/ 0 de patrons et une augmentation de
40,2 °/ 0 d’ouvriers. Cette concentration démontrée
par la statistique a véritablement eu lieu, au moins
pour les chapeaux de feutre. « Les feutriers, écrit
Dez Makez, s’étaient retirés du compagnonnage,
lorsque les soyeux n’eurent plus besoin de leurs cloches
de feutre et surtout lorsque le machinisme eut simplifié
à ce point le travail manuel qu’un apprentissage était
devenu inutile. Pour Bruxelles, ce fut la fabrique
Yimenet qui bouleversa la chapellerie de feutre. Elle
substitua des manœuvres nombreux aux ouvriers à la
main, et un quart de siècle lui suffit pour créer dans
l’industrie cliapellière un prolétariat de fabrique misé
rable... » (1).
En 1881, il y avait à Bruxelles seize ateliers de fa
brication de chapeaux ; aujourd’hui, il n’y en a plus
que sept (2). Tandis que le chapeau de feutre est devenu
(1) G. Dus Markz : Le compagnonnage des chapeliers bruxellois.
Bruxelles, 1909, p. 99.
(2) lu. p. 109.