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ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE
patrons-boulangers ; 50 ans plus tard, il n’y en avait
que 190. La population de la capitale avait augmenté
dans ce laps de temps de 123.874 à 194.505 (Rec. 1896,
v. XVIII, p. 748).
Ce qui est resté, à Bruxelles, comme clientèle au
petit boulanger, ce sont :
1°) les gens prétentieux et difficiles à servir ;
2°) Les commerçants fournisseurs ;
3°) Les mauvais payeurs (1).
La boulangerie à la main périclite partout. Tout le
tragique de la situation ressort de la déposition si
naïve de l’Association centrale des Patrons-Boulangers
devant la Commission de la petite bourgeoisie. « Si
les constituants de 1830 avaient pu prévoir, disent-ils,
les inventions du machinisme, cause de la surproduc
tion et qui nous fait cette terrible concurrence qui
écrase tous les petits, il est bien probable qu’ils auraient
certainement mis un frein à cette liberté ; car aussi
précieuse qu’elle était il y a quelques années, nous
pouvons dire qu’à l’heure présente elle est néfaste
pour tous les petits bourgeois « (2).
A Gand, le métier de boulanger est délaissé depuis
l’apparition des coopératives (3). En 1879, il y avait
dans cette ville 274 boulangers ; en 1892, il n’y en
avait que 223 et en 1905, il n’en restait que 111. Sauf
quelques exceptions, il n’y a plus à Gand pour ainsi
(1) Commission Nationale de la P< tite bourgeoisie. Enquê e o ale,
v. I, p. 302.
(2) Ifc. v. VII, p. 450.
(3) Fb. Enquête écrite, v. III, p. 82 et 05,