Full text: L'évolution industrielle de la Belgique

226 ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE 
font un tort considérable aux boulangers (1). A Gram- 
mont, meme situation (2). A Louvain, les grandes fa 
briques de pain approvisionnent le^ campagnes des 
environs \3). 
Le métier de boulanger est tout à fait délaissé par 
les ouvriers. A Gand, par exemple, un jeune homme 
sérieux ne veut ordinairement pas continuer le métier, 
étant donné le faible espoir s’établir plus tard pour 
son propre compte (4). A Bruxelles, il n’y a que les 
fils des familles nombreuses qui s’engagent chez les 
boulangers pour avoir leur nourriture et leur logement ; 
ils ne connaissent pas l’économie « sont sans ordre et 
sans éducation » (5). A Bruges, il ne reste plus rien de 
l’ancienne organisation de l’apprentissage ; en général, 
les ouvriers ne connaissent plus leur métier '6). Même 
les enfants abandonnent le métier de leur père, deviennent 
des ouvriers, des employés, etc. et empêchent quelque 
fois, par leur salaire, la ruine complète delà famille (7), 
Ici aussi, la statistique nous démontre la généralité do 
cet abandon du métier. Tandis que le nombre de pa 
trons s’est accru de 80.8% de 1846 à 1896, celui des 
ouvriers n’a progressé que de 26,2 %, malgré le déve 
loppement des grandes coopératives. En 1896, sur 13,500 
boulangers, 8184 travaillent sans aucun ouvrier : 1387 
(1) Ib. p. 174. 
(?) Ib. p. !9fi. 
(3) Ib. Enquête écrite, v. j, p. 161. 
(4) Ib. Enquête orale, a. VI^p. 109. 
(b) Ib. v. VII, p 304. 
(6) Ib. v. 111, p. 20. 
(7) Ib. Enquête écrite, v. I, p. 85,
	        
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