Full text: L'évolution industrielle de la Belgique

LA DÉCADENCE DU MÉTIER 
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ses pires ennemis), examinons encore le syndicat. « Le 
petit producteur doit employer les armes dont se sont 
servis ses concurrents : l’association. » a dit en 1899 
au Parlement belge, le Ministre de l’Industrie et du 
Travail, M. Cooreman (Chambre, séance du 1 I juillet). 
Constatons immédiatement qu’il ne suffit pas aux 
artisans de s’associer pour être à même de lutter 
avec la fabrique. La supériorité de celle-ci consiste 
non-seulement dans son ampleur, mais aussi dans la 
différenciation des fonctions. Un syndicat d’artisans 
devrait donc avoir à sa tête des commerçants, des 
ingénieurs, etc. Si parmi eux. il s’en trouve parfois 
un qui possède ces aptitudes spéciales, la diffé 
rence qui existe entre lui et ses collègues est si 
grande qu’il en abuse. Voici ce que dit à ce sujet 
une distinguée économiste Madame Béatrice Potter- 
Webb : « Nous voyons des associations, telles que 
les Tisserands de Healy Royd, travaillant avec ar 
deur, au bout de deux années, à la discrétion d’un 
dictateur. Nous voyons aussi des fondateurs prévoy 
ants assurer prudemment leur situation personnelle 
comme gérants inamovibles » (1). L’étude de Madame 
V ebb nous prouve clairement que toutes les tentatives 
tendant à fonder des associations de producteurs ont échoué 
en Angleterre. Les unes se sont transformées en une 
organisation qui se rapproche du Sweating-System ou y est 
même englobée. Parfois elles offrent tellement peu 
(t) Béatrice Potter-Wkbb. ha coopération en grande Bretagne. Paris, 
1903, p. d67 et R>S.
	        
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