LA DÉCADENCE DU MÉTIER
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tailleurs syndiqués semblent être des ouvriers à
domicile (voir p. 257) ; les associations de cordon
niers. que Lambreciits passe sous silence, n’existent
probablement que sur le papier.
Il ne reste donc comme exemple de la possibilité
du mouvement syndical parmi les artisans que la bou
langerie. Nous voyons par conséquent que la totalité
des métiers belges, à l'exception d'un seul, est restée
étrangère à la propagande de l'Office des Classes
Moyennes.
* *
Il est intéressant de voir que les mêmes remèdes
qu’on propose aujourd’hui pour arrêter la décadence
du métier, furent préconisés il y a plus de 60 ans
par les défenseurs de l’ancienne industrie linière.
Ainsi, certains d’entre eux demandèrent devant la
Commission linière que les procédés de fabrication
soient améliorés dans les détails et que les tisserands
soient mis, pour l'achat de la matière première, sur
la même ligne que les grands établissements. D’autres,
partisans de l’ancienne fabrication, réclamaient l’érec
tion d’écoles pour le filage et le tissage, la réunion
de tisserands en sociétés, la distribution des livres
qui leur indiqueraient les moyens de remédier au
mal, la fondation de prix pour les stimuler etc. (1)
L’idée singulière de sauver le métier par des déco
rations n’a-t-elle pas été préconisée encore récemment
par M. Cooreman ? «Et les chefs des métiers, disait-il
(l) Ministère de l’Intérieur. Enquête sur l’industrie linière. Rapport
de la Commission. Bruxelles. 1841, p. 485 et 486.