262 ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE
Inng) subisse par cela le moindre changement » (1).
Cette conclusion me semble des plus justes et nous
allons donner ici quelques exemples qui le prouveront
suffisamment.
1° L'ouvrier à domicile peut travailler dans un atelier
public. Dans l’industrie de la laine les tisserands
façonniers, qui n’ont pas les moyens d’acheter les métiers
mécaniques, les louent en même temps que la
force motrice, dans les ateliers publics qui sont géné
râlement d’anciennes usines (2). « Ils y travaillent,
comme le constate avec grande précision le Recensement
de 1896, comme des ouvriers à domicile le feraient
chez eux, pour le compte de fabricants ».
(Rec. ind. v. XVIII, p. 196). Pendant la crise linière
on groupa les tisserands de lin dans des ateliers
établis à l’aide de fonds alloués par le gouvernement
sans que leur caractère « d’ouvriers à domicile »
changeât le moins du monde (3 .
2°) L'ouvrier à domicile peut travailler dans l'atelier
d'un intermédiaire. Ainsi, dans l’industrie armurière les
recoupeurs, maitres garnisseurs, basculeurs, fabricants
de sous gardes, metteurs de canons en couleur, etc.
etc. emploient des ouvriers. Ceux-ci, peuvent, du jour
au lendemain, abandonner l’atelier ; souvent ils ne reviennent
pas ; on ne sait pas ce qu’ils sont devenus (4).
(1) Di. Robert liefmann : Ueber Wesen und Formen des Verlags
(der Hausindustrie) Volkswirtschaftliche Abhandlungen der badischen
Hochschulen. Freiburg i/B. p. 19.
(2) Office du travail. Industries à domicile v. VI, p. 90.
(3) Ib. v. II, p. 126.
(4) Ib. v. II, p. 93.