LA DÉCADENCE DE L’INDUSTRIE A DOMICILE
263
Il ne s’agit pas d’un contrat de travail ici, mais
plutôt d’un contrat de louage d'ouvrage, caractéristique
pour l’industrie à domicile.
3° L’ouvrier à domicile peut travailler dans l'atelier
d'un entrepreneur. Dans l’industrie de la cliaise à
Malines, exception faite pour quelques chaisiers, polisseurs
et découpeurs qui, de façon constante, travaillent
chez eux, les hommes fréquentent l’atelier du patron.
Toutefois, bon nombre, pour ne pas dire la plupart
des chaisiers après avoir quitté l’atelier, continuent
le soir à travailler chez eux. L'ouvrier conserve
même à l'atelier la liberté d’interrompre la besogne
quand il lui plaît. Quelques ateliers ferment une fois
l’obscurité venue ; l’ouvrier y perd les frais d’éclairage,
car il emporte son ouvrage et doit le continuer
chez lui (i). Il n’intervient entre le patron et l’ouvrier
qu’une convention de louage d'ouvrage, purement verbale
d’ailleurs. Chaque remise d’ouvrage forme la matière
d’une convention distincte et suppose un nouvel
accord de volontés (2).
Dans l’industrie coulellière de Gembloux. des patrons
ont établi des moteurs à vapeur, mis en activité
certains jours et, moyennant redevance, les ouvriers
peuvent venir effectuer leurs travaux dans ces
ateliers (3).
4°) L'ouvrier à domicile peut travailler dans l'atelier
d'un autre ouvrier. Dans l'industrie cloutière, on trou-(1)
Ib. v. VIII, p. 46.
(2) Ib. p. 18.
(3) Ib v. I, p. 291.