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EVOLUTION INDUSTRIELLE DÉ LA BELGIQUE
direction de la production. C’est lui qui achètera
le fil et le confiera au tisserand, lequel le travaille
ra d’après ses indications. Une fois le tissu achevé,
le patron le reprendra pour le vendre à son profit.
La propriété des matières premières et la vente du
produit échappent au tisserand, mais il continue à
à travailler chez lui sur son propre métier. C’est au
patron à observer l’état du marché et à diriger la
fabrication en conséquence, selon les fluctuations et
les exigences de la concurrence (1).
Nous voyons ici clairement comment l’artisan-tissc-
rand s’est différencié en un ouvrier à domicile et un
patron dirigeant la production.
Dans les autres anciennes (2) industries à domicile
nous remarquons la même évolution.
L’industrie armurière dès qu’elle eut pris de l’expan
sion — c’est-à-dire dans la seconde moitié du XVII e
siècle — perdit à peu près tout caractère corporatif
pour devenir une industrie libre. On vit s’y introdui
re des maîtres de nationalité étrangère ; le marchand
prit la direction de l’industrie (3).
L'industrie du tissage de la laine, en 1586, avait à
Liège un caractère purement corporatif. Les maîtres tisse-
(1) Ib. p. 70.
(2) On appelle anciennes industries à domicile, celles qui proviennent
des métiers et de l’industrie domestique, à la différence des nouvelles
(les industries du vêtement) notamment qui se sont développées
surtout dans les grandes agglomérations où beaucoup de main-d’œu
vre, en majeure partie féminine, était disponible pour le travail en
chambre.
(3) lnd. à dom. v. p. 16