Full text: L'évolution industrielle de la Belgique

270 ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA RELGIQUE 
plutôt l’intégration incomplète, voilà, me semble-t-il, 
en quoi consiste la différence. 
Le patron et l’ouvrier, comme le remarque jus 
tement Liefmann , ne sont pas dans l’industrie à 
domicile une unité économique comme dans la fabri- 
que (1). Nous avons vu plus haut que l’ouvrier à 
domicile qui est occupé chez lui, dans l’atelier du 
patron ou d’un sous-entrepreneur, peut du jour au len 
demain, abandonner l’ouvrage, il n’est lié que par le 
contrat de louage d'ouvrage, c’est-à-dire que ses rela 
tions avec le patron sont les mêmes que celles d’un 
individu quelconque qui donnerait à un orfèvre un 
lingot d’or pour le transformer en bague. » Or tel 
est précisément, dit Ansiaux , le cas du garnisseur 
que le fabricant d’armes charge d’assembler une bas 
cule pour qu’il ajuste ces deux pièces, toujours moy 
ennant un prix spécifié d’avance en vue d’un tel 
ouvrage déterminé » (2) 
Dans Y industrie dentellière, l’engagement que l’ouvriè 
re prend vis-à-vis de l’intermédiaire n’est pas perma 
nent ; il est limité par la durée de l’ouvrage à exécu 
ter et chaque fois que l’ouvrière entreprend une nou 
velle pièce de dentelles, le contrat se renouvelle. Elle 
peut quitter le facteur pour lequel elle travaille sans 
lui donner de préavis et celui-ci ne doit observer 
aucun délai pour lui donner congé ; il se borne à ne 
plus lui remettre d’ordres nouveaux (3). 
(1) R. Liefmann. Ueber Wesen dnu Formen des Verlags, etc. 
s. c. p. 42 
(2) Ib. v. L p 80 
(3) Ib. v. V. p. 30
	        
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