LA DÉCADENCE DE l'iNDÜSTRIE A DOMICILE
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essai, l’abandonnent par suite de l’insuffisance des salaires
et de la trop grande fréquence du chômage (i), D’après
Ansiaux, le tissage de coton à la main « n'existe
pour ainsi dire plus ». (2).
Dans le pays de Herve, beaucoup d’habitants, qui
exerçaient il y a une vingtaine d’années, le métier
d'armurier lorsqu’il était exceptionnellement lucratif,
s’adonnent de plus en plus aux occupations agricoles
(3). La régression se manifeste pareillement dans les
bourgades voisines de la Meuse, telles que Wandre,
où l’on trouve des ouvriers et plus encore des sous-
entrepreneurs, dits recoupeurs, se consacrant à un petit
commerce de beurre et de lait, dont la femme à com
mencé à s’occuper seule, mais qui bientôt s est déve»
loppé et parfois a tout-à-fait détourné le mari de son
ancien métier (4).
L'industrie cloutière disparait comme industrie à
domicile, le fait est indiscutable. L’impulsion extraor
dinaire de l’industrie de fabrique depuis quelques an
nées a rapidement décimé les cloutiers ; il semble que
1899 leur ait donné le coup de grâce en maint endroit ;
plus d’une localité, où le recensement de 189d en signa
lait encore, n’en compte plus un seul.
Il n’en reste un certain nombre que dans un village
wallon, Bohan ; il ne faudrait, peut-être, que l’établis
sement d’un chemin de fer pour modifier la condition
(1) Ib. v. VP p. 67
(2) Ansiaux : 1. c. p. 15.
(3) Ind. à dom. v. I. p. 7.
(4) Ib. v. I. p. 8.