Full text: L'évolution industrielle de la Belgique

280 ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE 
ouvrière du pays ; si le cloutier pouvait aisément et à 
peu de frais se rendre aux usines des bords de la 
Meuse, ne le verrait-on pas peu à peu abandonner la 
forge pour l’usine où il gagnerait davantage? (1). 
Toute l’évolution de la coutellerie de Gembloux, 
depuis bien des années déjà, n’est en somme qu’un 
dépérissement progressif, la longue agonie de l’indus 
trie à domicile, atteinte par la concurrence de la fa 
brique (2). Il n’y a plus d’apprentis, les anciens même 
abandonnent le métier (3). 
Dans le tressage de la paille de la vallée du Geer, 
l’auteur de la monographie trouva dans les listes soi 
gneusement dressées qui lui ont été fournies par l’Office 
du Travail, beaucoup de noms de tresseuses qui devaient 
être rayés. Parmi les personnes citées, d’autres ne fai 
saient pour ainsi dire plus d’affaires (4). La dispari 
tion de ce qui restait de l’industrie semblait probable 
et vraisemblablement prochaine (5). 
Dans la corderie depuis 1900, à cause de la crise 
des chanvres et du développement du travail mécani 
que, le nombre des ouvriers sans travail allait en aug 
mentant. En avril 1902, on comptait à Hammo 300 à 
400 ouvriers sans travail, dont une partie trouva un 
emploi dans les charbonnages (6). 
La fabrication manuelle des chaussures à Binche est 
(1) Ib. v. III, p. 67, et 63. 
(2) Ib. v. I. p. 303. 
(3) Ib. p. 302. 
(4) Ib. v. II. p. 25. 
(5) Ib. p. 73. 
(6) lb. v. Vil, p. 480.
	        
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