310 ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE
seulement une production totale plus faible et plus de
frais d’exploitation, mais encore une usure \ lus gran
de (1).
Les fabricants belges comprennent que c’est sur la
spécialisation que repose en grande partie la supé
riorité de l’industrie cotonnière anglaise. « 1 lie per
met, comme le dit une note d’un groupe de filateurs-
tisseurs de Gand, de réaliser des économies sur le
capital en déterminant avec précision le matériel méca
nique à employer et par conséquent les dimensions des
bâtiments ; elle facilite l’obtention d’une production
intense ; elle permet l’emploi d’une matière première
adéquate aux produits à obtenir » (2).
Grâce à la spécialisation, les frais de production
diminuent d’une façon sensible. Prenons un exemple
qui le montrera avec évidence. La construction d’un
nouveau type de locomotive nécessite des dépenses pour
les dessins, modèles, etc. se montant à 18.000 Mk. Il
est clair qu’une fabrique de locomotives, qui construit
des milliers de types différents, et qui doit débourser
chaque fois cette somme, produit plus cher qu’un éta
blissement qui s’adonne à la production en masse de
quelques modèles (3). C’est un exemple de la loi de
Massenproduktion (voir p. 189).
A côté de la spécialisation, nous assistons dans la
(1) Ib. p. 118.
(2) Office du travail. Monographies industrielles, 1902, v. VIII, p. G9.
(3) Ludwig Sinzhfimer : Ueber die Grenzen der Weiterbildung des
fabrikmâssigen Grossbetriebes in Deutschland. (Miinchener volkswirt-
schaftliche Studien, Stuttgart, 1893, p. 19).