LA CONCENTRATION INDUSTRIELLE
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que naturellement aussi bien à l'ensemble des industries
d’un pays qu’à l’exemple que nous avons cité. Nous
sentons parfaitement tout ce que cette démonstration
a d’approximatif mais nous devons nous en contenter,
car, comme le remarque déjà Bohm-Bawerk « on ne peut
citer ici nulle part un chiffre exact. » (1).
Ajoutons encore que notre conclusion n’est applicable
dans toute sa rigueur qu’à un état isolé, que nous sup
posons réalisé dans notre hypothèse. Car si un pays
importe par exemple 90 % de son charbon ou de son
fer, il est naturel qu’à Vintérieur de ses frontières les
efforts nécessaires pour produire les objets finis seront
éventuellement plus considérables que dans l’industrie
houillère. Par contre, si un pays exporte les diffé
rentes matières premières l’équilibre sera rompu dans
un sens opposé.
Nous verrons plus loin si les phénomènes d’impor
tation et d’exportation paralysent la loi en vertu do
laquelle la nécessité d’application de méthodes plus per
fectionnées et par cela même la formation des grandes
entreprises croit avec l'éloignement du consommateur.
Passons maintenant au second point de notre pro
blème et voyons pourquoi dans certaines industries
une production plus perfectionnée laisse subsister des
organismes inférieurs, c'est-à-dire de petites entreprises,
alors que dans d'autres elle les élimine.
Constatons dans cet ordre d’idées que le consomma
it) Bohu-Bawkrk.. Capital und Capitalzins. 1. c. II. p. 91.