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334 ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE
teur est l’acheteur le moins «. rationaliste » qui soit. Ce
fait est reconnu depuis longtemps. « Dans le grand
marché mondial, disent Sydney et Béatrice Webb,
le consommateur accepte ce qu’on lui offre. Il n’a pas
même assez d’initiative pour dire au commerçant qu’il voudrait
voir baisser les prix. Tout ce qu’il fait — et c’est
assez pour tenir toute la machine en mouvement, —
c’est d’hésiter à payer un objet une demi-couronne
(2 sh. 1/2) si un autre le lui offre pour deux shillings.
On peut le pousser à payer un prix plus
élevé pour une meilleure qualité. Il est certain que les
consommateurs, pauvres ou riches, cherchent une excuse
pour payer un prix plus élevé. Ils reconnaissent
que leur expérience personnelle d’un article est trop
fortuite et limitée pour leur servir de guide, et ils
montrent une foi touchante dans telle ou telle « autorité ».
La tradition, les bruits répandus, l’avis des personnes
compétentes, et même une vague impression produite par
des réclames mensongères, tout cela sont des raisons
pour rester fidèle à telle marchandise, à une marque
particulière et même à un magasin spécial, sans tenir
compte du bon marché »(1).
Parmi les consommateurs, c’est la femme qui, ne prenant
pas une part aussi active à la vie économique
que l’homme, est la moins imbue de l’esprit rationaliste.
Convaincue qu’une robe, un chapeau, une chemise
même sont à la mode, elle payera volontiers le
(I) Sydney et Béatrice Webb: Industrial Democracy. London, 1902,
p. 57.