LA CONCENTRATION INDUSTRIELLE
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Supposons un tissage mécanique de laine, de lin ou
de coton. Son propriétaire achetant le fil au filateur
exercera sur lui la même pression que le commerçant
en détail sur le marchand en gros. Le filateur, dont
le gain se réduit déjà par la pression du tisseur, la
rejettera avec une force accentuée sur le fabricant de
mécaniques. Celui-ci, avec une force toujours croissante,
la fera retomber sur l’entreprise sidérurgique qui, en
dernier lieu, en fera retomber tout le poids sur l’indus
trie minière. A chaque stade donc la lutte pour la
petite entreprise devient de plus en plus difficile.
Nous voyons que tant au point de vue de la for
mation des grandes entreprises qu’au point de vue
de l’élimination des petites, la force de concentration
augmente dans la même direction. Si, donc, notre analyse
purement logique est juste et les contretendances
(exportation, importation) insuffisantes, la statistique
doit confirmer notre raisonnement, en prouvant que la
concentration croît avec Véloignement du consommateur.
Examinons le recensement de 1896 à ce point de vue.
Nous voyons que, parmi les industries, où la très
petite (i) et la petite industrie (2) prévalent, se trou
vent presqu’exclusivement des métiers en rapport direct
(t) La très petite industrie comprend les entreprises et divisions d’en
treprises exploitées sans l’aide d’aucun ouvrier et celles exploitées avec
l’aide d’un ou plusieurs membres de la famille du patron, occupés comme
ouvriers.
(2) Dans la petite industrie, on groupe les entreprises et divisions
d’entreprises qui occupent 1, 2, 3 ou 4 ouvriers, aidés par des membres
de la famille du patron.