LES PROPRIÉTAIRES FONCIERS
ratuitement de la nature, la font-ils payer chèrement à leurs
tar rt ,
emblables ? À cette question, ces pères de l'Economie Poli-
ique donnaient des réponses divergentes. Les uns, les Phy-
siocrates, disaient que le propriétaire du sol est investi de la
onction de distributeur de la richesse et que la rente qu’il
ouche n’est qu’une sorte d'honoraire de cette haute fonction.
Mais déjà Turgot, et après lui surtout J.-B. Say, voient sim-
lement dans la propriété de la terre un monopole résultant
e la prise de possession. Il n’y aurait pas de rente en effet
si la terre était en quantité illimitée comme l’eau, l’air et la
umière — et tel est le cas dans les pays neufs où il y a de la
terre libre à discrétion. Mais dans les vieux pays la terre
ayant été accaparée par la propriété privée, il en résulte,
que les détenteurs de cette terre peuvent en tirer un revenu
n vendant chèrement ces dons de la nature, c’est-à-dire en
a louant à prix d’argent. D'ailleurs, il faut dire que ces
économistes ne se préoccupaient pas de justifier la rente,
ais seulement d’en expliquer l’existence, et cette attitude
stait d’ailleurs la plus conforme à la méthode scientifique.
Mais cette explication ne pouvait plaire évidemment aux
éfenseurs de la propriété foncière et nous verrons plus loin
omment ils ont cherché à la réfuter.
Une telle explication ne pouvait satisfaire l’esprit subtil de
Ricardo, car nous savons que ce grand économiste est le prin-
ipal auteur de la doctrine qui fonde la valeur sur le travail
t le coût de production. Donc, d’une part, il ne pouvait
dmetitre, sans ruiner sa doctrine, que la valeur de la terre
u de ses produits fût créée par la nature, ni directement ni
même en collaboration. D’autre part, il fallait pourtant bien
cenre que le revenu de la terre représente quelque chose
de plus que le travail de culture, puisqu’il voyait en Angle-
e toute terre trouver un fermier : or on ne peut être fer-
mier que si, après avoir vécu et payé tous ses frais de culture
on trouve encore sur le produit de la terre un excédent suffi-
sant pour payer son fermage ? C’est pour expliquer ce cas
rrassant qu’il imagina sa théorie de la rente foncière, la
us fameuse de l’Economie politique et qui a servi de thème
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