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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
pas partager du tout ce sentiment. Ces pluies sont pro
duites par la condensation dans ces altitudes des vapeurs
de l’Océan Atlantique apportées par les vents d’Est très
fréquents, qui sont arrêtés par les Cordillères. En raison
de ces pluies, les matinées et les soirées sont relativement
fraîches.
Dans les vallées delaMontana, inférieuresà 1.000 mètres,
les cas de fièvres intermittentes sont plus fréquents que
dans la première région, cependant ils n’affectent jamais une
forme maligne ; et en général cette région ne mérite pas
la réputation d’excessive insalubrité qui lui a été faite. Il
est certain que la fièvre tierce et le paludisme sévissent
avec plus de force dans les terrains inondés et marécageux;
les matières organiques entrant en décomposition sous les
effets d’une chaleur humide sont un foyer de fièvres palu
déennes et de béri-béri. C’est pourquoi tous les villages,
campements, établissements d’échange ou baracons sont
établis à quelque distance du bord du fleuve, et autant
quepossible dans les parties lesplus élevées s’il s’en trouve.
Tous ceux qui vivent dans ces régions marécageuses,
particulièrement les chercheurs de caoutchouc, prennent
en peu de temps un teint jaune produit par l’affaiblis
sement du sang, occasionné non seulement par les
fièvres dont tous ne sont pas atteints, mais par la nour
riture généralement trop peu substantielle dont il est fait
usage et qui ne procure pas au sang les éléments néces
saires à sa reconstitution. On évite cet état d’anémie lors
qu’on peut varier son alimentation végétarienne en y
ajoutant fréquemment de la viande fraîche. Avec une ali
mentation réconfortante et une vie réglée, on peut, dans
la Montana, se maintenir presque en aussi bonne santé
que dans d’autres régions plus salubres.
Donc en général, sauf dans quelques rares endroits, le