LE FONDS DE CHOMAGE DE GAND "TT
de chômage par des ouvriers qui avaient versé régulièrement des
mensualités à la Caisse d’épargne. Ce sont ceux qui figurent dans les
tableaux sous la dénomination d’«épargnants ».
Toutefois, ce mode d’assistance n’avait jamais été qu’accessoire,
et au moment de l’ouverture des hostilités, on demandait au Conseil
communal de Gand de le supprimer et de le remplacer par l’institu-
tion d’une Caisse mutuelle communale d’assurance-chômage, ouverte
à tous les ouvriers qui ne faisaient pas partie de syndicats.
11 est bon de signaler aussi qu’en décembre 1913, le Conseil
Communal avait adopté un règlement établissant un Fonds des
Crises, destiné à secourir les ouvriers soumis au short-time, ou
chômage partiel, qui tendait à se généraliser pendant les périodes de
crises et à prendre la place du chômage total. Mais cette forme nou-
velle d'assistance demandait l’intervention des patrons, et la guerre
arriva pendant les négociations avec les Associations patronales.
La Ville avait toutefois voté un premier crédit de 30.000 francs qui
se trouvait ainsi disponible.
Dès le début du mois d’août 1914, le Fonds de Chômage de Gand
d'accord avec les Syndicats qui y étaient affiliés et la Ville, prenait
la résolution de maintenir son organisation en lui gardant une acti-
vité aussi semblable que possible à celle qui lui était habituelle. Mais
les circonstances imposaient des modifications importantes.
Le 12 août, on commença par décider de limiter le taux de secours
à 50 centimes par jour et par chômeur. En revanche, la durée du
secours fut doublée.
Ensuite, le Fonds décida de remettre en une fois les majorations
de 100 pour cent sur ces indemnités réduites, sans limite de temps
pour la durée du secours. Dans presque tous les Syndicats, le montant
du secours fut ainsi porté à 1 franc par jour, moitié à la charge de
la Caisse sociale, moitié à charge du Fonds communal.
L’une des premières conséquences de la guerre avait été la fuite du
numéraire et particulièrement la pénurie de monnaie divisionnaire.
Le Fonds décida donc de faire aux Syndicats l’avance des « majora-
tions » de leurs secours au lieu de les leur rembourser après paiement,
comme il le faisait auparavant. Les 46.000 francs qu’on avait mis en
réserve pendant les années de prospérité furent ainsi employés. Les
30.000 francs du Fonds des Crises, en formation, furent ensuite prêtés
aux Syndicats, auxquels la Ville prêta également des sommes gagées
sur les titres de fonds publics de leurs réserves.
Mais les dépenses augmentaient continuellement.
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