LE FONDS DE CHOMAGE DE GAND »
l’organisation de secours aux chômeurs et que les dépenses que les
villes feraient pour leur Fonds de Chômage leur seraient remboursées »,
promesse qui fut tenue après l'armistice.
M. Varlez nous apprend à ce propos que «comme témoignage
spécial de leur intérêt envers le Fonds de Chômage et les œuvres de
prévoyance de Gand, L. L. MM. le Roi et la Reine remirent au président
du Fonds de Chômage une somme de 25.000 francs en émettant le
vœu que cette somme servit comme dernière réserve pour secourir
spécialement les femmes et les enfants des affiliés du Fonds de Chô-
mage ». Le président revint à la fin de décembre 1914 avec ces bonnes
nouvelles, qu’il devait tenir plus ou moins secrètes, pour échapper au
soupçon d’intelligence avec « l’ennemi ».
Au premier janvier 1915, les Caisses Syndicales étaient épuisées :
les secours venus d’Angleterre et les avances qui leur avaient été con-
senties n’avaient fait que prolonger leur agonie. Les Syndicats qui,
en temps normal, ne dépensaient pas plus de 50.000 francs ve-
naient de distribuer 189.000 francs pendant les cinq premiers mois
de la guerre. « Aussi, le Comité du Fonds de Chômage, à la prière des
Caisses syndicales épuisées, demanda-t-il de pouvoir interrompre ces
paiements et en présence des promesses qui avaient été faites au
président, d’avancer sur les secours nationaux espérés la somme inté-
grale nécessaire au maintien du secours de 1 franc par jour».
Le Conseil communal, à l’unanimité décida en conséquence « qu’à
partir du 4 janvier 1915, les Syndicats qui justifieraient avoir consacré
à l’assurance chômage plus des trois quarts de leur encaisse ne devraient
plus intervenir dans les frais d’assurance-chômage et que la somme
de 1 franc remise quotidiennement aux chômeurs prévoyants serait
payée entièrement par la Ville aussi longtemps que le Gouvernement
belge n’interviendrait pas dans ces secours. »
Des dispositions analogues furent introduites en ce qui concernait
les épargnants ayant épuisé leurs épargnes. « Il était entendu d’ailleurs
que les mesures prises par le Fonds pour défendre les encaisses syndi-
cales seraient maintenues au profit de la Ville : limitation du secours
à 6 francs par semaine, exclusion des ouvriers travaillant plus de
30 heures par semaine, indemnisation en raison inverse des heures
d’emploi, déduction des allocations patronales. En outre, aueune
indemnité ne devait être payée aux personnes qui se seraient affiliées
au Fonds de Chômage, seulement depuis le début des hostilités. À
partir de ce moment, on peut dire que l’assurance chômage n’existait
plus à Gand, et qu’elle était remplacée par une « œuvre de secours
aux prévoyants ».
Le contrôle des chômeurs, laissé auparavant à la vigilance des Syn-
15%