Full text: Le secours de chômage en Belgique pendant l'occupation Allemande

LE COMITÉ NATIONAL 
allemand qui allait devenir la base des privilèges permettant au 
Comité d’accomplir son œuvre. 
La mission Francqui à Londres, le 17 octobre, revint avec l’auto- 
risation du gouvernement anglais d’importer des vivres « à condition 
que ces produits fussent envoyés jusqu’à la frontière belge, sous le 
patronage des ambassadeurs d’Espagne et des Etats-Unis à Londres ; 
de la frontière jusqu’aux magasins de distribution en Belgique, le 
transport des produits importés devait se faire sous le patronage des 
ministres d'Espagne et des Etats-Unis d’Amérique à Bruxelles ». 
De là, la création d’un organisme capable, en dehors de la Belgique, 
de faire les nombreuses opérations d’achat de vivres, d’expédition 
et de réception de marchandises, sous le contrôle et la surveillance 
des diplomates indiqués : c’est la Commission for Relief in Belgium, 
qui, sous la géniale direction de M. H. C. Hoover, «l’Ami du Peuple 
Belge », devint la pourvoyeuse de la Belgique (1). 
Cependant, des Comités se constituaient dans les diverses pro- 
vinces sur le modèle de celui de Bruxelles, et un mouvement spontané 
les portait à s’entendre et se mettre en rapport avec celui-ci : il deve- 
nait évident qu’une action commune, des ressources communes, 
une participation commune aux distributions de vivres importés 
étaient devenues nécessaires. Le Comité de Bruxelles encouragea 
naturellement ces tendances, et le 23 octobre, une réunion avait lieu 
à Bruxelles, comprenant, avec le Comité de la capitale, les présidents 
des divers comités provinciaux. Le Comité Central était devenu 
le Comité National de Secours et d’Alimentation. 
Telle est l’origine de ce qui fut, comme nous l’avons dit, pour la 
durée de l’occupation ennemie, le véritable gouvernement du pays, 
réduit à des fonctions primordiales : la subsistance et la lutte contre 
la misère. 
Fixons-en maintenant les caractères essentiels. 
Né des circonstances effroyables dans lesquelles brusquement 
tout un peuple est plongé, le Comité National est avant tout un orga- 
nisme improvisé, sans précédent, sans analogue dans l’histoire du 
pays. Tout le monde, même ses fondateurs, le croit temporaire, 
passager et de courte durée. Comme il se substitue, par la force des 
choses, aux autorités légales, au Gouvernement qui est en exil, aux 
administrations provinciales et communales paralysées par le pouvoir 
occupant, il aurait pu être considéré, et il le fut même parfois, dans 
certains milieux politiques comme illégal et révolutionnaire, à coup 
sûr comme un intrus. 
(1) Voir Rapport Général, p. 25, et, dans la présente collection, A. HENnry, op. cii. 
th. VII pp. 50 à 58. 
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