ORGANISATION DU SERVICE Ï
— ou son délégué — devait donner acquit des sommes reçues en
bons et en argent. Les listes contenant ces acquits individuels reve-
naient dans un délai fixé au Comité provincial. Ce fut, comme d’habi-
tude une difficulté, que de faire rentrer à temps ces listes de distribu-
tions. Il fallut, pour faire observer ces délais, finir par ne plus délivrer
les fonds d’une quinzaine avant d’avoir reçu les listes de la quinzaine
précédente ou au moins d’une quinzaine précédente. C’était, pour
le Comité provincial, un contrôle général sur l’emploi des fonds.
Mais les listes devaient être continuellement revisées, elles conte-
naient généralement des erreurs, qui se traduisaient par des défauts
de concordance des chiffres comptables. Pendant des mois, l’organi-
sation du service de la comptabilité préoccupa tous ceux qui avaient
la charge de la distribution des fonds.
Malgré le souci de laisser le plus de liberté possible à ses sous-
organismes, le Comité National ne put se dispenser d’un système de
contrôle. Il eut des agents qui se rendirent au siège des Comités
provinciaux, et se firent rendre compte des diverses opérations des
services. Quelques-uns furent spécialisés pour le Secours Chômage.
Les Comités provinciaux furent obligés de l’imiter : sans un contrôle
sérieux, les comités locaux auraient certainement abusé de leur
pouvoir. Aussi, les provinces furent bientôt sillonnées de contrô-
leurs qui se rendaient auprès des Comités locaux, assistaient aux
opérations de distributions, se faisaient montrer les pièces comp-
tables, ete…
Ils avaient surtout pour mission d’aider les Comités locaux, de
leur transmettre les instructions orales qui, à certains moments et
en certaines circonstances, remplaçaient ou modifiaient les instruc-
tions écrites, de leur communiquer surtout les interprétations adop-
tées des textes parfois difficiles du Comité National.
Contre les Comités locaux qui se montraient de mauvaise volonté
et auraient refusé de mettre à exécution les instructions du Centre,
les Comités provinciaux avaient une arme toute puissante, sanction
inéluctable de ses ordres: c’était la suspension des secours : le chèque
de quinzaine n’était pas tracé. Mais cette arme, dans les circonstances
où l’on se trouvait, était particulièrement terrible : elle privait de
secours tous les chômeurs du ressort du Comité local, mesure grave
qui atteignait des innocents, et qui ouvrait la porte à l’intervention
allemande. On à vu, en effet, que le pouvoir occupant ne reconnaissait
pas au Comité le droit d’infliger des amendes ni de priver les délin-
quants de secours. Le Comité provincial imita alors ce qui se fait en
temps de paix vis-à-vis des communes qui refusent d’exécuter les lois
et règlements ou les arrêtés du Gouvernement : on leur envoie un
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