Full text : L'évolution industrielle de la Belgique

178  ÉVOLUTION  INDUSTRIELLE  DE  LA  BELGIQUE
avantageux  pour  les  fabriques  belges  de  chapeaux  situées
dans  la  vallée  du  Geer,  de  faire  venir  leurs  tresses
du  Japon  et  de  la  Chine  que  de  les  acheter  dans  le
pays  (1).
Ces  changements  dans  les  conditions  d’achat  ont
contribué  à  aggraver  sérieusement  la  situation  du
métier.  La  fabrique  possédant  des  organismes  spéciaux
destinés  à  l’étude  des  mouvements  du  marché,  étant  en
relations  avec  des  agents  dans  toutes  les  parties  du
monde,  trouve  plus  facilement  que  l’artisan  les  meilleures
occasions  d’approvisionnement.
Et  sans  aller  si  loin,  dans  le  pays  même,  la  matière ­
  première  est  victorieusement  disputée  à  l’artisan
par  des  plus  ‘puissants  que  lui.
C’est  le  cas  dans  le  Luxembourg  belge,  où  tout  le
bois  mis  aux  enchères  passe  aux  mains  des  marchands
capitalistes.  Ils  achètent  en  bloc  ce  qui  est  mis  en
vente  et  le  sabotier  doit  s’approvisionner  chez  des
intermédiaires  en  payant  des  prix  exorbitants  (2).  Là
où  la  fabrique  entre  en  lutte  avec  le  métier,  elle  réussit
toujours  à  obtenir  les  matières  premières  de  meilleure
qualité,  par  exemple  dans  la  cordonnerie  (3).
Les  conditions  de  vente  ont  également  changé  en
défaveur  de  l’artisan.  Aussi  longtemps  qu’il  avait  sa

(t)  E.  Vandervelde  :  L’exode  rural,  1.  c.  p.  81.
(2)  Louis  Banmeux.  L’industrie  sabotière  dans  la  province  de  Luxembourg, ­
  1902,  p.  21-22.
(3  L.  Swzheimer  :  Ueber  die  Grenzen  der  Weiterbildung  des  fabrikmâssigen
  Grossbetriebes  in  Deutschland,  Stuttgart,  1893,  p.  110.
            
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