L'ASSOCIATION POUR LA PRODUCTION 183
façon générale. — Les demander aux capitalistes ? Mais ceux-ci
ne sont guère empressés à placer leurs capitaux dans des
entreprises aussi aléatoires. Et, d'autre part, les ouvriers ne
sont pas disposés à rechercher le concours des capitalistes
puisque leur but est précisément de s’en libérer.
Cependant nous ne considérons pas cette difficulté comme
insurmontable. Des associations ouvrières solidement orga-
nisées, une fois qu’elles auraient fait leurs preuves, trouve-
raient le moyen d’emprunter tous les capitaux qui leur
seraient nécessaires, soit en constituantune banque commune
(il en existe une déjà en France), soit en s'adressant aux
sociétés coopératives de crédit ou aux coopératives de con-
sommation qui disposent les unes et les autres de capitaux
considérables.
L’Etat aussi est disposé à leur faire des avances. Il inscrit
annuellement au budget un peu plus de 1 million de francs
de subventions à répartir entre les associations qui paraissent
les plus intéressantes, pour les unes à titre gratuit et à fonds
perdu, mais pour la plupart à titre de prêt remboursable.
En outre, par la loi du 18 décembre 1915, un fonds de dota-
tion de 2 millions de francs est mis à la disposition des asso-
ciations ouvrières de production, à la condition que ces
associations soient effectivement composées d’ouvriers.
20 Le second, c’est le défaut de clientèle. Les associations
ouvrières ne sont généralement pas assez puissamment outil-
lées pour produire à bon marché et pour la grande consom-
mation populaire. Et, d'autre part, elles n’ont pas générale-
ment un nom, une marque assez connue pour attirer la
clientèle riche. Heureusement pour elles, elles ont trouvé en
France des clients dans la personne de l’Etat et des munici-
palités ! et c'est grâce à leurs commandes que beaucoup de
sociétés de production en France doivent de vivre.
L'Etat, les départements et les municipalités non seule-
ment soutiennent les associations de production par leurs
commandes, mais leur accordent divers privilèges dans les
concessions de travaux publics, tels que : — a) dispense de
cautionnement; — b) dispense de l’adjudication par voie
at.