L'ASSOCIATION POUR LA PRODUCTION
d’association il ne peut être considéré comme un progrès:
au contraire il marque un recul. Les travailleurs n’ont pas le
moins du monde le sentiment d’être associés dans une œuvre
commune avec le patron ou avec les actionnaires — et même
ils n’ont plus le désir de l’ètre ! car, au lièu d’un accord de
bonnes volontés, ce régime a créé un conflit aigu qui n’est
autre que ce qu’on appelle la question sociale.
Non seulement il n’y a plus entre les ouvriers et le patron
un contrat d’association au sens juridique et précis de ce
mot, qui comporte participation aux profits et aux pertes, à
la direction et à la responsabilité, mais c’est à peine si l'on
peut même y discerner les apparences d’un contrat consen-
suel quelconque, d’un louage de services, car en fait le soi-
disant contrat de travail n'est qu’une « embauche » : c’est le
mot technique.
Cependant nous verrons plus loin que la loi tend aujour-
d’hui à donner au salariat le caractère d’un contrat synallag-
matique en appelant les ouvriers à participer à la rédaction
des « règlements d'ateliers », ou en imposant des dommages-
intérêts en cas de rupture des engagements ; et les parties
en présence, patrons et ouvriers, tendent aussi à lui conférer
certains caractères de l’association par des institutions telles
que le contrat collectif, ja participation aux bénéfices et
l’actionnariat ouvrier que nous retrouverons au chapitre du
Salariat.
L’associat on des travailleurs.
Puisque le contrat actuet d'entreprise ne constitue qu’une
forme d'association bâtarde, association de fait non de droit,
association par nécessité, non par bonne volonté, ne peut-
on espérer qu’elle fera place à une forme d'association libre
ct intégrale où chacun aurait la claire conscience qu'il est
membre d’une œuvre collective et la ferme volonté d’y
coopérer ?
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