L’ÉCHANGE +
laisser perdre ou détruire systématiquement une partie de
sa marchandise.
Au contraire, la concurrence assure le prix minimum, c’està-dire
le plus rapproché du coût de production — parce que
les vendeurs, désireux d’écouler leurs marchandises, se
disputent les clients, et pour cela font sous-enchère les uns
contre les autres, espérant que l’accroissement du nombre
des acheteurs compensera avantageusement pour eux la
diminution des profits. — Ce n’est pourtant pas toujours
vrai, puisque nous avons vu ci-dessus (p. 161) que l’exagération
du nombre des producteurs ou vendeurs pouvait avoir
pour résultat d'élever le coût de production et, par contrecoup,
le prix aussi.
Et, d'autre part, le monopoleur a évidemment intérêt à
réduire le prix de revient et il peut y réussir mieux que la
concurrence. Nous en avons cité de remarquables exemples
dans les trusts (1).
Le prix.
La théorie quantitative.
Le prix, comme nous l’avons vu déjà (p. 91) n’est qu’une
des expressions de la valeur : c’est la valeur mesurée en
monnaie, autrement dit, c’est la quantité de monnaie qu’il
faut donner en échange d’un bien ou d’un service quelconque
pour se le procurer. Il est évident que plus la valeur d’un
objet sera grande et plus grande sera la quantité de monnaie
qu'il faudra donner pour l’acquérir — ou, ce qui revient au
(1) L'opposition établie entre la concurrence et le monopole n'est d'ailleurs
jamais absolue, car il est bien rare que l’un ou l'autre régime puisse se
trouver à l’état pur : en fait, c'est presque toujours un état intermédiaire,
mais plus ou moins rapproché de l'un des deux extrèmes. Il n’est pas de petit
marchand qui n'ait son petit monopole, ne füt-ce que d'être à tel coin de la rue,
et pas de monopoleur qui n’ait à subir une certaine concurrence, voire même
l'Etat marchand de tabac qui lui-même subit celle de la contrebande.
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