LA MONNAIE MÉTALEIQUE 271
taire n’est guère que de 1500 millions fr, ce qui, sur une
masse de 60 milliards au moins (rien que pour le métal or),
représente un taux d’accroissement de moins de 3 p. 0/0.
Combien diffère le blé, par exemple! Il ne dure pas, il se
consomme par le premier usage. Aussi quand survient
chaque nouvelle récolte annuelle, les greniers où elle se
déverse sont à peu près vides. Supposez que la récolte de
blé vienne une année à doubler dans le monde entier! le
stock se trouvant également doublé, l’avilissement des prix
sera effrovable.
Toutefois ces variations finissent par être sensibles à la
longue, puisque mème à ce faible taux d’accroisseiwent de
3 p. 0/0 le stock doublerait tous les trente ans. Si done la
valeur des métaux précieux présente des garanties suffisantes
de stabilité dans le temps quand on s’en tient à de courtes
périodes, elle est loin de les présenter au même degré quand
on embrasse de longues durées. De là des inconvénients
graves sur lesquels nous aurons à revenir.
3e Identité de qualité. — Les métaux sont, comme on dit en
chimie, des corps simples, donc partout identiques à eux-
mêmes. Un négociant expérimenté saura distinguer le blé
d’Odessa du blé de Californie, ou une toufte de laine d’un
mouton d'Australie de celle prise sur le dos d’un mérinos
d’Espagne, mais l’orfèvre le plus habile ou le chimiste armé
des plu: puissants réactifs ne trouvera aucune différence
entre l'or d'Australie et celui de l’Oural. Il n’est pas besoin
ici « d’échantillons ».
4o Difficulté de falsification. — Les métaux précieux sont
reconnaissables à la fois, à l’œil, à l’ouïe, au toucher, par
leur couleur, leur sonorité et leur poids, et par là se distin-
guent assez aisément de tout autre corps et même des autres
métaux (1).
5° Divisibilité parfaite. — Cette divisibilité doit s'entendre
non seulement au sens mécanique de ce mot (l’or et l’argent
() Les pièces de nickel peuvent, à la vue, être confondués avec celles
d'argent, mäis au toucher, elles donnent une sensation nettement différente.