L'ÉCHANGE INTERNATIONAL 4
mesure par la différence entre le prix à payer pour la mar-
chandise importée et le prix auquel elle reviendrait s’il
fallait la produire sur place. Si une auto américaine ne
représente que 500 journées de travail américain, alors qu’en
France elle exigerait 1.000 journées de travail, il est clair
que si la France peut l'acheter à sa valeur, c’est-à-dire en
donnant en échange une marchandise n’ayant coûté en
France que 500, disons (pour tenir compte du bénéfice et du
transport, 600 journées de travail) ou avec une somme
d'argent équivalente à ces 600 journées, elle aura économisé,
c’est-à-dire gagné la différence, soit 400 journées de travail.
Cet avantage-là est celui que la théorie classique met au
premier rang dans l’échange international. Bastiat le formu-
lait en ces termes : « Obtenir une satisfaction égale avec
moins d’efforts ». Et, en effet, tel est bien l’avantage de
l'échange entre individus, tel que nous l'avons expliqué
(p. 263): c’est comme un élargissement de la division du
travail.
L’exportation, à la différence de l'importation, n’est jamais
une nécessité, une question de vie ou de mort, pour un pays.
Elle est, si j'ose dire, une sorte de luxe. Et pourtant c’est
touiours celle-ci et jamais celle-là qui fait l’objet de la poli-
tique commerciale de chaque pays. Tous les efforts du gou-
vernant tendent à développer les exportations et à se
défendre plutôt contre les importations ! Comment expliquer
une telle aberration? C’est que les avantages de l’importation
— accroissement de satisfactions ou économies — n’inté-
ressent que les consommateurs, chacun d’eux que pour une
petite part et ceux-ci se perdent dans la foule indifférente
tandis que les avantages résultant de l’exportation bénéficient
aux producteurs. Les hommes mettent beaucoup plus de
passion à la poursuite du profit qu’à la réalisation de quel-
ques économies.
Au cours de cette guerre, innombrables sont les articles et
même les livres qui ont été publiés en vue d'étudier les
moyens d’étendre nos exportations — banques d’exporta-
tion, sociétés d’exportation, agences à l’étranger, ensei-
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