? PRINCIPES D’ÉCONOMIE POLITIQUE
pensations un chiffre de transactions qui avant la guerre
s’élevait annuellement à près de 16 milliards de livres
(400 milliards fr.) et aujourd’hui (1920) à plus de 32 milliards
de livres (800 milliards fr.), soit 2 à 3 milliards par jour !
La monnaie métallique ou même les billets, ne figurent que
pour un appoint insignifiant. Il est clair que la valeur de
tous ces papiers, billets de banque, etc., repose en fin de
compte sur la monnaie métallique. Seulement cette base
devient chaque jour de plus en plus étroite relativement à
l’énorme édifice que le crédit bâtit sur elle. C’est. comme on
l’a dit, une pyramide grandissante qui repose sur le sommet,
ou une toupie tournant avec une rapidité vertigineuse sur
une pointe de métal immobile, et dans ces conditions l’équi-
libre paraît terriblement instable. Car dès que la toupie
cesse de tourner, elle tombe !
L’escompte.
Ce capital, une fois emprunté à bon compte par la banque,
il s’agit pour elle de le faire valoir en le prétant au public.
Mais comment le prêter ? Nous avons dit tout à l’heure
que le banquier ne peut le prêter à long terme, sous forme
de prêt hypothécaire par exemple, ou en commanditant des
entreprises industrielles (1), parce qu’il ne doit pas oublier
que ce capital n’est qu’en dépôt chez lui, c’est-à-dire qu’il
peut être tenu de le rembourser à première réquisition ; par
conséquent il ne doit s’en dessaisir que par des opérations à
court terme qui ne lui enlèvent la disposition de ce capital
que pour peu de temps et qui, en quelque sorte, le laissent à
sa portée et sous son regard.
(1) Le chèque étant payable immédiatement ou à bref délai ne s'escompte
pas, en sorte que sa substitution à la lettre de change, dont nous avons parlé
ci-dessus, aurait cet effet ficheux de supprimer cette opération de crédit.
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