DES BANQUES 403
pour leur créer de graves dangers. En effet, le montant des
billets en circulation, qui peuvent à tout instant être pré-
sentés au remboursement, représente une dette immédiate-
ment exigible, tout comme celle résultant des dépôts, et, par
suite, la banque se trouve exposée désormais à un double
péril : elle aura à répondre à la fois du remboursement de ses
dépôts et du remboursement de ses billets.
Si la nécessité d’une encaisse s’imposait déjà quand la
banque n'avait à faire face qu’au remboursement de ses
dépôts, elle sera bien plus urgente quand la banque ajoutera
à la dette déjà résultant de ses dépôts à vue celle résultant
de ses billets en circulation! On comprend donc que, dans
plusieurs pays, la loi impose aux banques, quand elles
veulent faire l'émission, l’obligation de garder toujours une
certaine encaisse (1). Et, à défaut de la loi, la sagesse le com-
mande. Aussi la Banque de France n’y a-t-elle jamais
manqué.
Des différences entre le billet de banque
et le papier-monnaie.
Nous avons étudié dans un chapitre "précédent (p. 310) le
papier-monnaie et nous avons expliqué pourquoi et dans
quelles limites il pouvait remplacer la monnaie métallique.
La monnaie de papier proprement dite est celle qui non
seulement ne représente aucune couverture en espèces, mais
qui ne représente aucuné promesse de payer ou du moins
aucune échéance prévue. Elle est généralement émise par un
Etat qui l’'émet précisément parce qu’il n’a pas d’autres res-
sources et qui, dans ces conditions, ne peut prendre aucun
engagement de la rembourser en or ou argent ; c’est à cette
espèce de monnaie de papier qu’il convient de réserver le
nom de « papier-monnaie » proprement dit. Et sur quoi donc
(1) Voir plus loin le chapitre sur Za réglementation de l’émission.
Il