DES BANQUES )
On peut elasser les systèmes de réglementation qui ont été
pratiqués dans les divers pays sous quatre chefs :
1° Limitation du montant des billets en circulation au
montant de l’encaisse.
Dans ce cas, le billet de banque n’est plus qu’une monnaie
représentative pour remplacer l’or. Il présente une sécu-
rité absoluË, mais d’autre part aussi il n’a guère d’utilité,
sauf celle de tenir moins de place dans la poche que l'or et
d’économiser le frai (c’est-à-dire l’usure) de celui-ci. La
banque n’est plus alors un établissement de crédit : elle
n’est plus une banque, elle n’est qu’un coffre-fort; une
simple caisse qui sert à faire les paiements et à garder une
réserve de monnaie pour les éventualités,
Aussi ce système n’est-il appliqué dans sa rigueur nulle
part, et c’est seulement pour procéder par ordre logique que
nous le mentionnons.
20 Le second procédé consiste à fixer, soit une certaine
marge, soit un certain rapport, entre le montant de l’encaisse
et celui des billets en circulation.
Une marge, c’est-à-dire que la différence entre l’encaisse
et la circulation, le découvert, comme on dit, est fixé ne
varielur : telie est la règle pour la Banque d’Angleterre,
comme nous le verrons.
Un rapport, c’est-à-dire une proportion établie une fois
pour toutes, généralement 1/3, mais cette proportion pure-
ment empirique varie selon les pays.
Le second de ces systèmes, le rapport, est un peu plus
élastique que celui de la marge : cependant l’un comme
l’autre aboutissent au même résultat qui est de rendre à un
moment donné tout escompte ef même tout remboursement
de billets impossible et de créer par conséquent le danger
qu’on voulait prévenir. Soit 100 millions d’encaisse et
300 millions de billets : la Banque est juste dans les limites
fixées — mais à ce point elle ne peut plus rembourser un
seul billet sans faire tomber l'encaisse au-dessous du tiers
du montant des billets (car 99 n’est pas le tiers de 299). Aussi
est-on oblige, dans ce système aussi, de suspendre la règle.
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