4° PRINCIPES D'ÉCONOMIE POLITIQUE
Tour à tour et suivant l’époque, telle ou telle propriété
prend une importance particulière : le bétail chez les
peuples pasteurs ; — la terre sous le régime féodal; — les
mines de charbon dès que vient l’ère de la machine à
vapeur. La propriété individuelle s’est même créé de nos
jours des objets nouveaux, inconnus des anciens, dont voici
les principaux types :
19 Les valeurs mobilières c’est-à-dire des parts de propriété
ou simplement des créances, le plus souvent sous la forme de
litres au porteur, des feuilles de papier qu’on glisse dans
un portefeuille et qui constituent aujourd’hui la forme la
plus commode et la plus enviée de la richesse. Grâce à elles,
la propriété s’est déracinée du sol et a pris des ailes : ce
n’est point assez dire, elle s’est comme dématérialisée. Le
propriétaire ne la voit ni ne la touche plus, mais aussi elle
se rit des gouvernements qui veulent la saisir. Sur la fortune
totale de la France, on peut évaluer à près de moitié la part
qui est placée sous cette forme,
2° Les biens incorporels dont la propriété. encore mal
assise et mal définie, comporterait pour chacun d’eux tout
un chapitre ; nous nous bornons à les énumérer :
a) La propriété industrielle, sous forme de brevets d’inven-
tion.
b) La propriété des marques de fabrique.
c) La propriété de la clientèle commerciale ou achalan-
dage.
d) La propriété littéraire.
Il est possible que dans l’avenir la propriété individuelle
revête d’autres formes dont nous ne pouvons présentement
nous faire aucune idée,
La notion de propriété nous apparaît donc comme évo-
luant sous l’action de deux forces contraires, quoique logi-
quement interdépendantes : extension quant à son objet,
limitation quant à sa durée et à ses attributs.
AB