DEUXIEME PARTIE
LES DIVERSES CATEGORIES DE COPARTAGEANTS
Nous venons de voir quels sont les principes qui règlent la
répartition des richesses, tant ceux qui sont appliqués pré-
sentement que ceux qu'on propose pour les remplacer.
Voyons maintenant quelles sont les personnes qui se pré-
sentent comme co-partageants et quelle est la part que cha-
cune réclame. Il va sans dire que nous n’avons pas à exami-
ner les réclamations individuelles, mais celles formulées par
des groupes de population importants, par des « classes »,
comme on dit, c'est-à-dire par tous ceux qui, réunis par une
communauté d'intérêts, invoquent les mêmes titres au par-
tage. Les prétentions de ces copartageants étant antagonistes,
il faut s’aitendre à ce qu’elles créent un état de lutte
permanent entre ces classes.
Quels sont les titres qu’invoquent chacune d’elles? Nous
prendrons seulement les quatre classes-types: — le proprié-
taire foncier qui touche la rente ; — le capitaliste rentier qui
touche l’interêt ; — l’ouvrier qui touche le salaire ; — l’entre-
preneur qui touche le profit (1).
Quant à ce qu’on appelle la « classe moyenne » ce n’est
(4) 1 y aurait, en outre, à considérer deux autres copartageants, les indi-
gents et l'Etat, car l’un et l’antre prélèvent une part qui n'est pas négligeable
sur le revenu général, les premiers par l'œaumône, le second par l'impôt ;
seulement ce sont des revenus de seconde main. La place nous fait défaut
pour en parler ici: voir le Cour s.