5, PRINCIPES D'ÉCONOMIE POLITIQUE
main-d’œuvre doit être déterminé par les mêmes lois que
celles qui régissent le prix de n'importe quelle marchandise,
lois déjà étudiées à propos de la valeur et qui se résument
dans la formule vulgaire de l’offre et de la demande, ou
dans la traduction vive et pittoresque qu’en a donné Cobden :
« Les salaires haussent toutes les fois que deux patrons
courent après un ouvrier ; ils baissent toutes les fois que
deux ouvriers courent après un patron ».
Mais c’est là une simple constatation des faits et non une
explication. Il s’agit en effet de savoir pourquoi ce sont à tel
moment les ouvriers qui courent après le patron, ou les
patrons qui courent après l’ouvrier ?
Une bonne loi des salaires doit expliquer toutes les varia -
tions des salaires : — 1° pourquoi les salaires sont plus
élevés dans tel pays que dans tel autre ? — 20 pourquoi plus
ou moins à telle époque que dans telle autre? — 30 pour-
quoi plus ou moins dans tel métier que dans tel autre ?
Dans l’histoire des doctrines, il faut en distinguer trois
principales, mais dont les deux premières, après avoir brillé
au premier rang, sont aujourd’hui éclipsées.
$ 1. Théorie du fonds des salaires.
Cette théorie a été longtemps classique en Angleterre, ce
qui fait qu’on la désigne généralement par le terme anglais
wage-fund qui est précisément ce que nous traduisons par
« le fonds des salaires ». Elle a tenu une place considérable
dans l’histoire des doctrines économiques.
C'est elle qui se rapproche le plus de la formule de l’offre
et de la demande et elle s'applique seulement à la pré-
ciser.
L'offre, dit-elle, se sont les ouvriers, les prolétaires, qui
cherchent de l’ouvrage pour gagner leur vie, et qui offrent
leurs bras. La demande, ce sont les capitaux qui cherchent
un placement; nous avons déjà vu, en effet (pp. 137-138), qu’il
n'existe pas d’autre moyen de donner un emploi productif
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