‘ PRINCIPES D'ÉCONOMIE POLITIQUE
constitucraient une charge écrasante pour un budget
normal d’ouvrier, ne grèvent que faiblement le budget d’une
société.
De là, le succès des associations contre Jes risques de
maladie qu’on appelle en France les sociétés de secours
muftuels. Moyennant une très faible cotisation, ces sociétés
garantissent à leurs membres en cas de maladie : — 1° les
frais de traitement, médecin et pharmacien; — 2 une
indemnité égale à la moitié du salaire ; — 3° généralement
quelques autres avantages, tels que les frais funéraires, de
modiques secours pour la veuve et les orphelins; — 4° en
outre, environ un tiers des sociétés donnent une modeste
pension de vieillesse.
Mais ces sociétés n’assurent pas, généralement, les membres
de la famille, ni même, pour les hommes, les cas de maladie
prolongée.
L'association privée ne paraît donc pas suffisante pour
garantir la population ouvrière contre ce risque (1). C’est
pourquoi la loi allemande a voulu que l'assurance contre la
maladie fût obligatoire pour tous les salariés, en adoucissant
cette obligation par l’avantage que nous indiquions tout à
l'heure, c'est-à-dire en faisant payer aux patrons un tiers des
cotisations. Elle a étendu le bénéfice de cette assurance aux
femmes en couches.
S 2. Les accidents du travail.
L'accident survenant au cours du travail diffère de la
maladie par ses causes, mais il n’en diffère pas par les résul-
tats qui sont un chômage plus ou moins prolongé, et peut-
être permanent au cas où l’accident entraîne une mutila-
tion. Il en diffère surtout en ce que la responsabilité du
patron est ici beaucoup plus strictement engagée. Si en effet
on ne peut lui imputer la responsabilité de la maladie de
(1) En France il y a bien un droit légal à l’assistance en cas de maladie,
mais seulement pour les indisents.
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