LES SALARIES
l’ouvrier, sauf dans le cas exceptionnel de maladie profes-
sionnelle, au contraire, il lui est difficile d’éluder celle de
l'accident, mème survenu par cas fortuit, car le fait que
l'accident a eu lieu dans la fabrique ou en cours de travail
suffit pour engager la responsabilité de celui chez lequel et
pour !>quel le travail se fait. C’est la théorie, aujourd’hui
généralement admise et connue sous le nom de risque profes-
sionnel : on veut dire par là que les accidents du travail subis
par le personnel doivent rentrer dans les frais généraux de
l’industrie, tout comme les accidents survenus au matériel et
à l'outillage, et par conséquent doivent incomber unique-
ment au chef d'industrie, et que l’ouvrier doit être dispensé
de toute contribution à l’assurance contre ce risque. — Alors
même qu'il y aurait faute de l’ouvrier ? Oui, parce que la
négligence, l’imprudence et même la désobéissance de l’ou-
vrier aux consignes données, sont elles-mêmes des risques
professionnels qui doivent rentrer dans les prévisions nor-
males de l'entrepreneur et dans le compte de ses frais géné-
raux.
Mais puisque c’est le patron qui devra payer l’indemnité,
c’est à lui dorénavant (et non plus à l’ouvrier) à s’assurer
contre ce risque. La loi doit-elle l’obliger à s’assurer ? C’est ce
que fait la loi allemande, mais non la loi française : elle laisse
les patrons libres de s'assurer où ils voudront, soit à une
Compagnie ordinaire à prime fixe ; soit à une mutuelle et
même pas du tout.
S 3. La vieillesse.
Il peut paraître bizarre de classer la vieillesse parmi les
risques puisqu’elie est au contraire attendue et espérée par
tout homme : le risque c’est bien plutôt de mourir avant la
vieillesse ! Mais néanmoins — et c’est là peut-être que l’iné-
galité des conditions sociales se fait le plus cruellement sentir
— la vieillesse sans épargnes, la vieillesse qui ne laisse que
la perspective de l’hospice ou celle, à certains égards plus
amère, de tomber à la charge de ses enfants, est le cauchemar
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