LES SALARIÉS 1
se réserver le placement, ce qui leur est d'autant plus facile
que ce sont eux qui tiennent les places.
Entre ces deux-extrèmes on doit préférer le système mixte
qui combine les trois éléments, en composant le bureau
moitié d’élus natronaux, moitié d’élus ouvriers, avec un pré-
sident neutre ; le bureau fonctionne ‘aux frais et sous le
contrôle du pouvoir municipal. C’est ce qu'on appelle en
Allemagne les bureaux paritaires. Hs n’ont été introduits en
France que depuis la guerre. Dies subventions ont été accor-
dées par l'Etat à toutes les municipalités qui établiraient des
bureaux paritaires.
Des Offices de placement bien organisés pourraient avoir
une action qui dépasserait la lutte contre le chômage, notam-
ment celle si importante de guider les jeunes ouvriers dans
le choix d’une profession.
Mais le placement n’est qu’un remède insuffisant au chô-
mage, car toutes les statistiques montrent que, sauf pour de
rares industries, les demandes sont toujours plus nombreuses
que les emplois vacants. À quoi peut tenir ce phénomène,
en somme assez mystérieux si l’on réfléchit qu’il y a tant
d'hommes qui manquent du nécessaire et alors qu’il paraît
si simple d'employer la main-d'œuvre vacante à produire
précisément ce nécessaire manquant ? Pourquoi y a-t-il nor-
malement un surplus de main-d’œuvre sur les besoins, ce
que Marx appelle une armée de réserve du travail ? C’est sans
doute par la cause déjà indiquée (p. 105), parce que le machi-
nisme ce. généralement tout ce qu’on appelle le progrès
industriel, tend à réduire la quantité de travail nécessaire
pour un résultat donné. C’est pourquoi il faut compléter le
placement par l'assurance.
b) L'assurance c’est indemniser le chômeur du préjudice
éprouvé en lai remboursant tout ou partie du salaire perdu,
comme pour tous les autres risques ‘que nous avons passés
en revue. Seulement il faut remarquer que l’assurance ici
est bien plus difficile, non seulement à raison de l’étendue
et de la fréquence de ce risque, mais surtout parce qu’il est
presque impossible de distinguer le vrai chômage, subi par
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