Full text: La réforme syndicale en Italie

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«On peut dès maintenant indiquer quelques-uns de ces 
développements. Le syndicat, qui hier encore n’était qu’un 
instrument de la lutte de classe et un défenseur des intérêts 
matériels immédiats des travailleurs et des patrons, deviendra 
quelque chose de plus haut, de plus beau et de plus noble. 
« D’autres tâches et d’autres fonctions lui seront confiées, 
l’instruction professionnelle, particulièrement celle des classes 
ouvrières, l’assistance, l’éducation, la prévoyance et peut-être 
même une tâche d’une nature plus délicate et difficile. 
Peut-être le syndicat se prépare-t-il à ouvrir de nouvelles voies 
à l’action de l'Etat. 
«L’Etat a eu parfois besoin, notamment en temps de 
guerre, d’assumer des fonctions d’ordre économique, du fait 
de certaines nécessités contingentes. L’expérience a été désas- 
treuse. Non pas tant parce que l’Etat est, de par sa nature, 
incapable d’exercer des fonctions d’organisation productrice, 
que par suite de son incapacité technique. Ces fonctions d'ordre 
économique ont été confiées à des bureaucrates présomptueux, 
parfois ignorants, et toujours impréparés. Cela est si vrai que 
certaines fonctions économiques que l’Etat exerce depuis long- 
temps de telle sorte qu’il y est techniquement préparé, ont 
désormais une organisation satisfaisante. Il suffit de citer le 
monopole des tabacs et les chemins de fer de l’Etat. Cela 
signifie que, lorsque les organes techniques existent, la gestion 
de l’Etat si elle n’est pas l’idéal, est pourtant susceptible de 
donner d’utiles résultats. Or, le jour peut venir où la nation 
sera de nouveau appelée à s’organiser unitairement pour un 
grand effort. Ce jour là, les syndicats nous donneront des 
hommes techniquement préparés. Voilà donc une autre grande 
tâche des syndicats. 
«Ce n’est pas tout. Avec la nouvelle organisation syndi- 
cale, nous créons un foyer nouveau d’activité et de vie au sein 
de la nation. Activité fructueuse et pratique, qui éloignera 
beaucoup d’hommes intelligents et capables des luttes sté- 
riles de la politique de parti. 
« Et l’on ne saurait négliger non plus la possibilité, qui se 
présente maintenant pour la première fois, de constituer la 
représentation politique des syndicats. Représentation qui ne 
sera pas une aride défense d'intérêts particuliers, mais un 
moyen d'expression de ces capacités techniques qui sont si 
nécessaires au bon fonctionnement des assemblées législa- 
tives.
	        
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