Full text : La réforme syndicale en Italie

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que des groupes ouvriers redoutent que le tribunal du travail
ne fonctionne aux dépens des classes ouvrières.
On pourrait croire, au premier abord, que ces deux préoccupations
 se contredisent et, dans un certain sens, qu’elles
s’éliminent mutuellement. Mais si l’on regarde la question de
plus près, il n’y a aucune raison suffisante pour croire que la
nouvelle magistrature ne saura pas maintenir la balance égale
entre les deux parties en toute impartialité.
Les préoccupations des industriels se réduisent essentiellement
 à la crainte que, pour des raisons politiques et d’ordre
public, les tribunaux du travail ne cèdent facilement à la
pression des masses ouvrières et n’octroient aux syndicats
ouvriers des salaires et des conditions de travail que les industries
 ne pourraient supporter, ce qui en déterminerait la ruine.
Mais à ce sujet, il faut considérer que le projet de loi dicte
fort sagement aux magistrats les principes qui doivent inspirer
 leurs jugements. De fait, l’article 16 stipule que lorsqu’il
s’agira de formuler de nouvelles conditions de travail, le tribunal
 devra se prononcer conformément à l’équité en conciliant
les intérêts des patrons et ceux des travailleurs et en sauvegardant,
 en tout cas, les intérêts supérieurs de la production. Or
ce dernier principe suffit à constituer une solide garantie pour
les industriels, car les possibilités économiques de l’industrie,
justement évaluées par le magistrat, avec le conseil des experts,
constitueront la limite insurmontable des concessions qui
pourraient être faites aux travailleurs. En d’autres termes, le
magistrat ne pourra pas, pour donner satisfaction aux masses
ouvrières, aller jusqu’à mettre en danger le sort de l’industrie
ce qui, d’autre part, équivaudrait au plus grand dommage
que l’on pourrait causer aux ouvriers eux-mêmes.
Cette considération naturelle qui devrait suffire à tranquilliser
 les représentants de l’industrie est invoquée d’autre part
par les représentants de certains groupes ouvriers pour en
tirer la conclusion opposée. Les tribunaux du travail, disent-ils,
donneront raison, dans la plupart des cas, aux industriels
car le magistrat ne pourra pas imposer au capital d’être
placé sans bénéfice. En conséquence, il se prononcera généralement
 pour la réduction des salaires.
Mais ici encore la limite est tracée par la nécessité des
lois économiques. Si le magistrat décide une réduction des
Salaires pour ne pas priver le capital engagé dans l’industrie
d’un bénéfice, cela prouvera qu’à ce moment la réduction

AT
            
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