Full text : La réforme syndicale en Italie

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pour laquelle l’arbitrage aurait conservé un caractère simplement
 facultatif, en raison, disait-on, de la plus grande complexité
 et de la plus grande difficulté que présente la solution des
différends industriels,
Mais ce point fondamental du projet de loi fut modifié
par suite de l’intervention personnelle du chef du Gouvernement,
 M. Mussolini, dans les débats de la Chambre des députés.
Dans un discours des plus remarquables, ie Chef du Gouvernement
 soutint qu’une loi qui instituerait l’arbitrage obligatoire
 pour l’agriculture en laissant facultatif l’arbitrage
pour l’industrie serait une loi mutilée, car il n’y a pas de séparation
 nette entre les deux économies, l’économie industrielle
et l’économie agricole. L'agriculture, en effet, s’industrialise
de plus en plus et c’est des produits de la terre que certaines
des plus grandes industries italiennes, telles que les industries
textiles et chimiques; tirent leur matière première. « Je crois,
ajouta le Chef du Gouvernement, que nous devons arriver à
une conception unitaire de l’économie nationale. Certes le
blé qui reste ou qui restait sans être moissonné dans les champs
représente une perte, mais parfois une grève qui interrompt
la production en un moment délicat où s’exerce la concurrence
internationale peut donner lieu à des conséquences plus graves
encore ».
Ces raisons inhérentes à la conception unitaire de l’économie,
 pour lesquelles il ne serait ni logique ni juste de mettre
les classes industrielles, à l’égard du tribunal du travail, dans
une condition essentiellement différente de celle des classes
agricoles, semblent convainçantes à notre Bureau central.
Nous estimons donc qu’il faut tenter l’expérience de l’arbitrage
 obligatoire selon une méthode et un principe uniques,
d’autant plus que le Chef du Gouvernement a déclaré dans son
discours que le Gouvernement national ne refusera jamais,
lors de la réalisation de son programme législatif, de tenir
compte des leçons de l’expérience qui, en l’espèce, fournira des
règles précises pour les perfectionnements pouvant être nécessaires
 et pour l’organisation future des nouvelles institutions
juridiques.
On ne saurait passer sous silence, d'autre part, que l’arbitrage
 obligatoire provoque dans certains milieux de la méfiance
ou pour le moins laisse perplexe une partie des patrons aussi
bien qu’une partie des ouvriers. Certains patrons craignent
que le nouveau tribunal ne penche du côté des ouvriers tandis
            
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