Full text : Les questions fondamentales du marxisme

N 28 113
(4) Dans la Misère de la philosophie, Marx expose la méthode
 dialectique de Hegel de la manière suivante :
« Tout ce qui existe, tout ce qui vit sur terre et dans l’eau,
n’existe, ne vit que par un mouvement quelconque. Ainsi, le
mouvement de l’histoire produit les rapports sociaux, le mouvement
 industriel nous donne les produits industriels, etc. De
même qu'au moyen de l’abstraction on transforme toute chose
en catégorie logique, de même on n’a qu’à faire abstraction de
tout caractère distinctif des différents mouvements pour arriver
 au mouvement à l’état abstrait, au mouvement purement
formel, à la formule purement logique du mouvement. Si l’on
trouve dans les catégories logiques la substance de toute chose,
on s’imagine trouver dans la formule logique du mouvement
la méthode absolue qui, non seulement explique toute chose,
mais implique encore le mouvement de la chose. C’est de cette
méthode absolue que Hegel parle en ces termes : « La méthode
est la force absolue, suprême, infinie, à laquelle aucun objet
ne ‘saurait résister, c’est la tendance de la raison à se reconnaître
 elle-même en toute chose » (Logique, t. III.)
« Alors qu’est-ce que la méthode absolue ? L’abstraction du
mouvement. Qu’est-ce que l’abstraction du mouvement ? Le
mouvement dans l’aspect abstrait. Qu’est-ce que le mouvement
dans l’aspect abstrait ? Une formule purement logique du mouvement
 ou le mouvement de la raison pure. En quoi consiste
le mouvement de la raison pure ® En ce qu’elle se pose ellemême,
 qu’elle s’oppose et qu’elle s’unit à elle-même ; en ce
qu’elle se formule en thèse, synthèse et antithèse, ou enfin en
ce qu’elle s’admet elle-même, se nie et nie sa négation.
« Mais de quelle manière la raison s’admet-elle, de quelle
manière se pose-t-elle elle-même comme une catégorie déterminée
 ? C’est déjà l’affaire de la raison même et de ses apologistes.
 Mais la raison s’est posée elle-même en thèse ; cette
thèse, cette idée, en s’opposant à elle-même, se divise en deux
idées dont l’une contredit l’autre, en affirmation et en négation,
 en oui et en non. La lutte de ces deux éléments opposés
renfermés dans Jl’antithèse constitue le mouvement dialectique.
 Oui se transforme en non ; non se transforme en
oui ; oui devient simultanément oui et non ; non devient simultanément
 non et oui. De cette façon, les oppositions s’équilibrent
 réciproquement, se neutralisent et se paralysent. La
fusion de ces deux idées, dont l’une contredit l’autre, forme
une idée nouvelle : la synthèse. Cette nouvelle idée se divise
de nouveau en deux idées opposées, lesquelles, à leur tour, se
fondent en une synthèse nouvelle. Ce processus de décomposition
 forme un groupe d’idées. Le groupe d’idées se soumet au
même mouvement que la catégorie simple, et a pour antithèse
un autre groupe d’idées opposé. De ces deux groupes naît un

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