D'’ECONOMIE POLITIQUE
mld
gne le gros lot d'une loterie. Quand on annonce
dans les journaux qu'un tel a gagné un gros lot,
fat-1l, comme dans une récente loterie en Espagne,
de 7 millions, nul ne proteste. C'est parce que,
quand il s’agit du gros lot, chacun se dit : J'au-
rais pu gagner! Et cela suffit pour répondre
a I'idée simpliste de la justice que se fait I’opinion
populaire : I'égalité. Mais voici justement ce qui
cloche! C'est que les chances ne sont pas égales
pour tous. Ce monde n'est pas précisément une
loterie, mais plut6t un champ de courses sur lequel,
pour jouer, il faut avoir des « tuyaux ». Et seuls
les riches, ou tout au moins les gens instruits, gens
g
qui lisent les journaux financiers, qui vivent dans
les milieux politiques, qui fréquentent les anticham-
bres des ministres, qui sont en relations avec les
banques, savent a peu prés quels seront les numé-
ros gagnants et peuvent jouer a coup sir. Les
valeurs que ’on voit monter de centaines de francs
entre deux cotes de la Bourse ne sont pas de véri-
tables billets de loterie, car il n’y a que les malins
qui les gagnent. Nous avons vu depuis un mois telle
ou telle valeur de pétrole, par exemple, doubler
et tripler en quelques mois. Mais croyez-vous que